La digestion, comment ça marche ?

La digestion, comment ça marche ?

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Le processus digestif est loin d’être simple et loin d’être cantonné à l’intestin. En fait, les choses démarrent dès que l’aliment entre dans la bouche. La digestion mécanique commence tout de suite avec la dentition. La mastication commence à broyer et s’activent, dans le même temps, les premières enzymes salivaires (digestion chimique). La salive, loin d’être uniquement responsable d’une jolie tâche sur l’oreiller au réveil, est aussi responsable de la digestion, ou du moins du début, en contenant des amylases salivaires. La langue, elle, possède des papilles gustatives qui permettent de ressentir les goûts. Il en existe 5 sortes qui reconnaissent 5 goûts : le salé, le sucré, l’amer, l’acide et l’umami (saveur rapportée au glutamate).

Attendez, j’ai oublié de vous dire, vous savez ce que c’est qu’une enzyme ? Parce qu’il n’y a pas de digestion sans enzyme. L’enzyme est un élément qui fonctionne avec un site actif. C’est exactement comme une clé (l’enzyme) et sa serrure (le site actif). Si vous n’avez pas la bonne clé, vous ne déverrouillez pas la porte. Même combat en biologie enzymatique. Les enzymes sont des catalyseurs. C’est-à-dire qu’elles accélèrent les réactions biochimiques. En alimentation, elles vont permettre de casser des liaisons pour récupérer les plus petites entités. Par exemple, la saccharase (qui est une enzyme) hydrolyse, on pourrait dire « sépare », le saccharose en fructose et glucose qui sont deux éléments qui eux, peuvent être absorbés. Ces enzymes ont des états de fonctionnement optimaux, par exemple, lorsque la température corporelle tourne autour de 37°. Quand la température corporelle commence à monter, les enzymes vont se dénaturer (c’est à dire perdre leur conformation spatiale) et donc les réactions biochimiques se font moins bien.

cheval mangeant une carotte
Les dents c’est important !

Tout le monde descend ! 

Ensuite, le trajet continue dans l’œsophage. Les aliments, transformés en bol alimentaire, dégringolent les 25 cm qui mènent tout droit jusqu’à l’estomac. Ici, il existe un sphincter (muscle en forme d’anneau qui peut se fermer et s’ouvrir) qui fait jonction entre l’œsophage et l’estomac, on l’appelle le cardia. C’est ici qu’il existe un système anti-reflux qui peut être défaillant avec l’âge, la grossesse, l’obésité, l’activité physique, etc. que l’on nomme RGO pour Reflux Gastro-Oesophagien.

Les aliments arrivent ensuite dans l’estomac où nous parlerons désormais, non plus de bol alimentaire, mais de chyme. Un estomac vide représente un volume d’environ 50mL. Il est capable de se remplir jusqu’à 4L ! Ici, le pH (c’est-à-dire le niveau d’acidité) est très acide. Les sucs gastriques continuent la digestion, les aliments sont réduits en bouillie et descendent jusqu’au pylore, sphincter du bas de l’estomac faisant jonction avec l’intestin grêle.

Ici, on ne parle plus de chyme mais de chyle. La jolie petite bouillie d’aliments arrive dans la première partie de l’intestin, le duodénum.

Pour cette partie, un peu d’anatomie s’impose car celle de l’intestin n’a rien de très instinctif.

Le tube digestif de l’homme mesure environ 8m de long. L’intestin est divisé en deux grandes parties : l’intestin grêle et le côlon (le gros intestin).

Le grêle mesure 6 à 7m et est délimité par le pylore d’un côté et la valve iléo-caecale de l’autre. Il contient 3 parties : le duodénum, le jéjunum et l’iléon.

Vient ensuite le colon divisé en plusieurs parties : le caecum, l’appendice, le colon ascendant, le transverse, le colon descendant, le sigmoïde, l’ampoule rectale et le sphincter anal.

schéma anatomie système digestif

L’innervation de l’intestin appartient au système nerveux autonome. Cela implique deux choses très importantes pour notre propos :

  • Comme son nom l’indique, ce système nerveux est autonome. C’est-à-dire que vous n’avez pas de contrôle volontaire dessus.
  • Deuxièmement, cette innervation permet le péristaltisme. Cette notion est fondamentale dans la compréhension du fonctionnement digestif. On désigne par péristaltisme les contractions musculaires nécessaires pour faire progresser un contenu dans un organe creux. Ici, le péristaltisme de l’intestin permet de faire progresser les aliments (le chyle) dans le tube digestif. Cette activité péristaltique démarre dès la déglutition.

A babord toute ! (ou tribord, je ne sais jamais)

Reprenons notre route. Les aliments viennent d’arriver dans le début de l’intestin grêle, le duodénum. Le grêle possède des follicules lymphatiques qui permettent de neutraliser l’acidité des aliments car l’intestin n’est pas du tout un milieu acide. Ici, des enzymes travaillent à haute intensité pour séparer les différents nutriments et permettre leur absorption. Car c’est ici que les nutriments seront absorbés. Chacun a un terrain de prédilection. Par exemple, la (fameuse) vitamine B12 est absorbée au niveau de l’iléon alors que la vitamine B1, elle, préfère se réserver une place dans le duodénum.

Toutes les cellules de l’intestin (et d’ailleurs) possèdent une membrane plasmique : c’est la membrane qui délimite les milieux intra cellulaires des extras cellulaires. Dans l’intestin, certaines cellules possèdent des microvillosités. Ce sont des replis de la membrane qui permettent d’augmenter la surface d’échange et surtout qui permettent aux nutriments de rejoindre le sang. C’est là, par exemple, que la maladie coeliaque (la « vraie »intolérance au gluten) pose problème car le gluten vient se coller sur la paroi des microvillosités et donc empêchent une partie plus ou moins importante de l’absorption des nutriments.

La digestion, comme nous en discutons depuis le début, s’arrête ici, dans le grêle. A la fin de l’iléon, tous les nutriments ont été absorbés. Ce qui n’est pas digéré forme des selles qui vont parcourir le côlon puis attendre sagement libération dans le rectum.

Rien n’est plus important que les fibres ! (si, si)

Mais il existe quand même une« digestion » dans le côlon, c’est celle des fibres. Les fibres, très importantes pour la santé de nos intestins, retrouvées dans les légumes, céréales et légumineuses, ne peuvent pas être digérées par l’homme. Quand elles arrivent donc dans le côlon, c’est la flore bactérienne colique qui prend en charge cette mission. Ces bactéries vont fermenter les fibres mais aussi synthétiser certaines vitamines et hydrolyser des protéines non digérées. C’est parce qu’il y a fermentation qu’il peut y avoir flatulences. D’où la mauvaise réputation qu’ont les fibres de faire péter ! Ceci dit, parmi les innombrables avantages que possèdent les fibres comme le fait de diminuer la sensation de satiété, elles sont aussi protectrices du cancer du côlon. Ca peut donc valoir le coup de péter, non ? D’autant que votre flore bactérienne va s’adapter. Un petit conseil en passant, faites cuire vos légumineuses suffisamment longtemps, elles seront plus digestes.

Le microbiote intestinal a le vent en poupe en ce moment. On lui prête beaucoup de vertus miraculeuses mais la recherche scientifique est loin d’avoir validé tout ce que vous pouvez lire sur internet. Malgré que ces recherches soient prometteuses et pleines d’espoir pour bons nombres de patients, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Ce que l’on peut dire, c’est que le microbiote intestinal a plusieurs fonctions dans la digestion : il participe à renouveler les cellules intestinales, il les protège et il participe, comme on vient de le voir, à l’hydrolyse de substances non  digestibles.

Voilà pour un tour d’horizon simplifié mais assez complet du processus digestif. Comme vous le voyez, la digestion concerne bien plus que le seul organe intestinal. Je n’ai pas parlé ici des implications du pancréas, du foie, de la vésicule biliaire. Peut être cela pourrait faire l’objet d’un autre article ?

J’espère tout du moins que j’ai réussi à rendre ça intelligible,

A bientôt ! 

Laura

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