Comprendre l’intolérance au gluten

Comprendre l’intolérance au gluten

Temps de lecture : 5 minutes

« Manger sans gluten » : Au delà du régime à la mode, il existe derrière ces problématiques de réels soucis de santé. Sauf qu’on ne s’y retrouve pas toujours très bien : sensibilité au gluten non coeliaque, intolérance au gluten, allergie au blé, maladie coeliaque… Je vous propose qu’on essaie de démêler le vrai du faux !


En tout premier lieu, il ne me semble pas superflu qu’on se mette d’accord sur ce qu’est le gluten. Le gluten est un réseau protéique composé de deux protéines : les gluténines et les gliadines. Ce sont ces dernières qui vont poser problème dans la maladie coeliaque. On retrouve le gluten dans le blé (blé dur, épeautre, kamut), dans l’orge, le seigle et l’avoine.

Sensible ou Coeliaque ?

Ensuite, il est nécessaire de savoir faire la différence entre la sensibilité au gluten et la maladie coeliaque. Cette dernière est une maladie auto-immune nécessitant une prédisposition génétique. Il est donc question de rechercher des antécédents familiaux. Après ingestion de gluten, le système immunitaire des patients va produire des anticorps « anti-gliadine » qui vont causer des lésions de la paroi intestinale. Ces lésions ont deux principales conséquences : premièrement, elles altèrent la digestion et deuxièmement, l’organisme ne va plus assimiler correctement les nutriments, vitamines et minéraux. Il s’agit donc d’un phénomène inflammatoire chronique qui va conduire à la nécrose des cellules intestinales (les entérocytes si vous vous souvenez de mon article sur la digestion). De plus, cela conduira à une atrophie des villosités intestinales, là encore, pour rappel, il s’agit « d’extensions » de l’intestin qui permettent d’augmenter sa surface d’échange. Or, si la surface d’échange diminue par atrophie, alors l’absorption intestinale est nécessairement moins bonne et on peut voir apparaître des syndromes de malabsorption. Cette sympathique maladie peut être diagnostiquée par une prise de sang. Les biologistes vont chercher des anticorps spécifiques de la maladie coeliaque (précisément les anticorps de type IgA anti-transglutaminases, IgA anti-endomysium ou IgA et IgG anti-gliadine). Si ces derniers sont présents, il s’avèrera utile de réaliser une endoscopie pour aller prélever (par biopsie) un bout de paroi intestinale afin d’observer des lésions caractéristiques d’un eréponse auto-immune au gluten (précisément : atrophie des villosités, hyperplasie des cryptes, infiltrat inflammatoire du chorion, augmentation des lymphocytes T dans l’épithélium).

pâtes sans gluten

Symptômes

Côté clinique, le premier symptôme alarmant les patients sont les diarrhées chroniques. On peut retrouver des ballonnements, des états d’anorexie dus à des défauts d’absorption qui conduisent également à des phénomènes de carence comme l’anémie (carence en fer), des diminutions de la minéralisation osseuse, ou des carences en vitamine D. Dans le pire des cas, la maladie coeliaque peut mener à des tumeurs intestinales (adénocarcinome et lymphome) que le régime sans gluten permet de prévenir. Ainsi donc, le traitement efficace est d’éliminer le gluten de l’alimentation (pas facile dans notre société !). Si le régime est correctement suivi, le patient peut voir la disparition des symptômes dans les semaines qui suivent. Ceci dit, ce régime étant extrêmement contraignant avec beaucoup de restrictions, il est nécessaire de l’appliquer quand le diagnostic de maladie coeliaque est posé (l’amélioration des symptômes post-régime permet de confirmer le diagnostic).

Non coeliaque mais ?

Face à la maladie coeliaque, on retrouve tout un tas de patients qui ne sont pas reconnus « coeliaques » mais qui présentent une sensibilité au gluten. C’est, ce que parfois on nomme : sensibilité au gluten non coeliaque. Ces cas-là sont assez mystérieux à l’heure actuelle. Normalement, les conséquences sont bien moins graves que les coeliaques car il n’existe pas de phénomènes auto-immun et inflammatoire de l’intestin. Il n’existe également pas de test fiable à 100% permettant de diagnostiquer ces sensibilités. Le manque d’informations mène à beaucoup d’auto-diagnostiques, souvent erronés. Alors si c’est pas le gluten, c’est qui le coupable ?

pain sans gluten tranché

Je crois qu’il y a deux points deux mesures actuellement : d’un côté une médecine qui a du mal à être l’écoute de ses patients. Le fait est qu’ils ont mal, qu’ils ont des symptômes et auxquels souvent on rétorque « vous n’êtes pas coeliaques, c’est dans votre tête ». Ce qui ne règle certainement pas le problème du patient qui trouvera bien des moyens de se « soigner » tout seul. Et d’un autre côté, bon nombres de phénomènes de mode que les patients sont tentés de suivre aveuglement.

Si vous n’êtes ni coeliaque (diagnostic infirmé par les tests biologiques), ni allergique (symptômes d’allergies suivant immédiatement l’ingestion du gluten, en quel cas, consultez un allergologue), qu’avez-vous ? Peut être une « sensibilité au gluten non coeliaque » qui désigne un peu le pot pourri dans lequel on met tous les patients pour lesquels on a pas de réponse. A priori, il ne semble pas possible biologiquement d’être intolérant au gluten sans réponse inflammatoire. En gros, vous êtes coeliaque ou vous ne l’êtes pas. Ceci dit, cela ne signifie pas que vous n’avez pas de problème. En revanche, le problème peut être une prolifération bactérienne de l’intestin, le syndrome du colon irritable, un dysfonctionnement du plancher pelvien ou encore l’intolérance aux FODMAPs (qui fera l’objet d’un prochain article), ce qui implique de supprimer le blé plutôt que le gluten.

Deuxièmement, on peut se poser la question de la possible existence d’une sensibilité au gluten (non coeliaque, certes, mais réelle) compte tenu de la présence intempestive du gluten dans tous nos aliments (ce dernier permettant d’aérer les mies, de faire gonfler les pains plus vite, etc).

En revanche, si vous pensez souffrir de maladie coeliaque ou de sensibilité au gluten, consultez. Et surtout, n’arrêtez pas le gluten sans avis médical car vous allez fausser tous les résultats d’analyses qui suivront.

De plus, les aliments sans gluten présents sur le marché peuvent vous faciliter la vie, j’en conviens. Ceci dit, ils sont souvent très riches en sucre donc méfiance. Ils sont, à l’heure actuellement, accusés d’être responsables de certains diabète de type 2. Ils sont, en plus, généralement très chers. Donc ne vous laissez pas attirer par de simples effets de mode. Si vous n’avez pas de problème avec le gluten, tant mieux pour vous ! Si vous pensez avoir un problème, consultez votre médecin et/ou votre diététicien.ne pour évaluer si il s’agit bien du gluten ou d’un de ses collègues qui se cachent derrière lui. C’est une fausse bonne idée de supprimer le gluten quand on ne le craint pas, pour le coup, vous risquez de vous rendr eintolérant « pour de vrai ». Et ça n’a rien de drôle d’être intolérant « pour de vrai ».

Faisant parti du fameux “pot pourri”, j’adresse tout mon courage à ceux qui ne trouvent pas de réponse à leur question et à tous ceux qui, malheureusement, ont trouvé et qui sont malades.

A très bientôt, 

Laura

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